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Paris
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Citation
« Capitale fidèle à
elle-même et à la France, a manifesté, sous l'occupation et
l'oppression ennemies, et en dépit des voix d'abandon et de
trahison, sa résolution inébranlable de combattre et de vaincre.
Par son courage en présence de l'envahisseur et par l'énergie
indomptable avec laquelle elle supporta les plus cruelles
épreuves, a mérité de rester l'exemple pour la Nation tout
entière. Le 19 août, conjuguant ses efforts avec ceux des
armées alliées et françaises, s'est dressée pour chasser l'ennemi
par une série de glorieux combats commencés au cour de la
Cité et rapidement étendus en tous les points de la ville.
Malgré de lourdes pertes subies par les Forces Françaises
de l'Intérieur levées dans son sein, s'est libérée par son
propre effort puis, unie à l'avant-garde de l'Armée française
venue à son secours, a, le 25 août, réduit l'Allemand dans
ses derniers retranchements et l'a fait capituler. »
(Paris, Compagnon de
la Libération par décret du 24 mars 1945) |
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Historique
Le 10 juin 1940, le gouvernement de
Paul Reynaud quitte Paris pour Tours puis Bordeaux. Le 12, la capitale
est déclarée "ville ouverte" et, le 14,
les troupes allemandes, dans un silence de mort, défilent en vainqueur
sur les Champs-Élysées.
L'appareil d'occupation allemand se
met très vite en place et la croix gammée flotte désormais
sur tous les bâtiments publics, largement occupés par
les troupes et l'administration de l'occupant.
Comme ailleurs, c'est d'abord par
des réactions intellectuelles que se manifeste, à
Paris, la volonté de résister. Dès le mois d'août
paraissent les Conseils à l'occupé de Jean Texcier,
premier texte clandestin écrit en réaction à l'occupation et diffusé
à partir d'une librairie parisienne. En octobre 1940 paraît
le premier numéro d'une feuille clandestine d'information,
Pantagruel, rédigée par un imprimeur et éditeur
parisien, Raymond Deiss. A la mi-novembre 1940, Christian
Pineau entouré de neuf syndicalistes de la CGT et trois
de la CFTC publie un manifeste qui rejette les distinctions fondées
sur la race, la naissance la religion, les opinions ou l'argent
avant, quelques semaines plus tard, de faire paraître le premier
numéro du journal Libération dont il assure,
par ses propres moyens, la parution hebdomadaire régulière.
La première expression collective
de résistance au grand jour est la manifestation lycéenne et étudiante
du 11 novembre 1940, place de l'Etoile. Les Allemands tirent
sur la foule et une centaine de manifestants sont arrêtés. Bientôt,
les premiers avis d'exécution sont affichés sur les murs de la capitale,
comme celui de Jacques Bonsergent, fusillé le 28 décembre 1940.
Quelques jours auparavant étaient
sortis le premier numéro de Résistance - édité clandestinement
par le groupe du Musée de l'Homme avec à sa tête Boris Vildé
et Anatole Lewitsky - et les premiers numéros de Valmy. A
la même époque naît, sous la direction de Jacques Arthuys, le mouvement
OCM (Organisation civile et militaire) et, à l'initiative
de Maurice Ripoche, le mouvement Ceux de la Libération
(CDLL) qui recrute dans le milieu de l'armée de l'air et
commence par faire du renseignement.
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Les Allemands rue de Rivoli |
Mais, dès le début de l'année 1941,
le groupe du Musée de l'Homme est démantelé. La répression
s'intensifie, tout comme la détermination de la résistance parisienne.
Le 14 juillet, une manifestation patriotique, place de la République,
entraîne l'arrestation de 1 500 personnes. Le 21 août, Pierre George,
alias Fabien, abat l'aspirant Möser au métro Barbès. Une semaine
plus tard, les Allemands fusillent 18 résistants au Mont
Valérien, à Suresnes, parmi lesquels le lieutenant de
vaisseau d'Estienne d'Orves
et ses compagnons Emile Barlier et Jan
Doornik.
En décembre 1941, le couvre-feu dans
la capitale est fixé à six heures du soir, les prisons se remplissent
d'otages et de patriotes ; le 15, Gabriel Péri est fusillé.
En 1942, les conditions de vie des
Parisiens se détériorent. En mars, les bombardements de la Royal
Air Force sur les usines Renault de Boulogne-Billancourt font
350 tués et 500 blessés. Le 27 mars, le premier convoi
de déportés juifs raflés à Paris et en région parisienne
part de Compiègne pour Auschwitz.
Les attentats, suivis d'exécutions
d'otages, se multiplient. Les « 5 du Lycée Buffon », membres
du mouvement des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) et
responsables de deux attentats contre des officiers allemands, sont
arrêtés par la police française en juin 1942. Livrés à l'occupant,
ils sont condamnés à mort et exécutés un an plus tard.
Les 16 et 17 juillet 1942, la persécution
antisémite atteint son comble avec la rafle du Vel' d'Hiv' -
exécutée par la police française : près de 13 000 Juifs étrangers
- dont plus de 4 000 enfants - sont arrêtés chez eux, parqués
au Vélodrome d'Hiver avant d'être déportés vers les camps d'extermination
de Pologne.
Durant l'année
1943, l'organisation de la résistance parisienne progresse grâce,
notamment, aux missions d'envoyés de la France Libre - comme Pierre
Brossolette et le colonel
Passy - venus de Londres pour établir des contacts plus rapprochés
entre résistance intérieure et extérieure.
C'est également à Paris, rue du Four, que,
le 27 mai 1943, le Conseil National de la Résistance (CNR) se réunit
pour la première fois, sous la présidence de Jean
Moulin. Formé des représentants des plus importants mouvements
de résistance des deux zones et de représentants politiques et syndicaux,
le Conseil démontre les progrès d'union et de cohésion de plus en
plus réels de la Résistance française.
Alors que les bombardements alliés
se poursuivent tout au long de l'année 1943, la population
entrevoit peu à peu sa libération. Les actions violentes contre
l'occupant se succèdent : en avril, un groupe attaque à la
grenade un peloton ennemi ; en mai, à l'Odéon, un hôtel occupé
par des Allemands est attaqué ; en juin, un colonel de la Wehrmacht
est abattu boulevard des Italiens ; en juillet, un groupe de
S.S. est grenadé sur les Champs-Elysées ; en septembre, le
S.S. Julius Ritter, chargé d'expédier en Allemagne 500 000 Français
au titre du Service du Travail obligatoire (STO), est exécuté au coin
de la rue Pétrarque.
Le début de l'année 1944 est marqué
par une intensification des bombardements sur la capitale. La répression
se poursuit et, en février, les FTP-MOI du « Groupe Manouchian »
sont exécutés. Le 22 mars, Pierre Brossolette se suicide au siège
de la Gestapo avenue Foch.
Mais bientôt les Forces Françaises
de l'Intérieur d'Ile-de-France, qui réunissent les forces armées
des différents mouvements, sont créées et confiées au commandement
du colonel Rol-Tanguy.
L'été venu, les conditions de vie
s'aggravent : disette, mortalité infantile, coupures quasi
générales de gaz et d'électricité et chômage en forte augmentation
sont le lot des Parisiens.
L'avance des Alliés en Normandie
donne bientôt le signal de l'insurrection et, le 10 août, des grèves
éclatent dans les administrations parisiennes (d'abord les cheminots,
puis la Gendarmerie le 13 et la Police le 15). Le 18 août au matin
commencent la grève générale et les premières occupations d'usines
alors que les premiers prisonniers de la prison de la Santé sont
libérés. Le même jour, le colonel Rol-Tanguy, chef des FFI d'Ile-de-France,
en accord avec le Comité parisien de la Libération (CPL), fait afficher
l'ordre de mobilisation générale des Parisiens. Dès le lendemain,
les barricades commencent à fleurir dans tous les arrondissements.

Barricades dans Paris insurgé |
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Le même jour, la Préfecture de Police
est prise et les escarmouches entre forces françaises et allemandes
se multiplient en banlieue et dans plusieurs arrondissements, qui
sont conquis par les insurgés. Les services de police allemands
plient bagage les uns après les autres, sans oublier d'exécuter,
à la hâte, une dernière fois, prisonniers et résistants. Sans oublier
non plus d'affréter quelques derniers trains de déportés vers
les camps.
Le 20 août, l'Etat-major
FFI est installé dans son poste de commandement souterrain de la
place Denfert-Rochereau, sous le Lion de Belfort. De leur côté,
la plupart des secrétaires généraux désignés par Alexandre
Parodi, délégué général du Gouvernement provisoire de la République
française, prennent possession de leurs ministères.
Au même moment, le général Leclerc
est près d'Argentan, alors que le général de
Gaulle, rentré du Canada l'avant-veille, rencontre au Mans le général Eisenhower et le
convainc de laisser la 2e Division blindée marcher
sur Paris.
Le 21 août, les journaux, hier clandestins,
sont mis en vente au grand jour, pendant que les Allemands renforcent
leurs positions, tenant fermement les Tuileries, Rivoli, les quais,
l'Ecole Militaire, la caserne du Prince Eugène à la République et
le Luxembourg. En revanche, le coeur de Paris, la Cité et l'Hôtel
de Ville sont aux mains des forces françaises. Le lendemain, 22
août, le général Bradley donne à Leclerc l'ordre de diriger sa Division
sur la capitale, où plane la menace terrible de l'anéantissement
de la ville qu'a ordonné Hitler au commandant militaire allemand,
le général von Choltitz. Celui-ci, convaincu par le Consul de Suède
Raoul Nordling d'épargner Paris, négocie avec lui une courte trêve
refusée par les combattants de la Résistance.
Dans la capitale, chacun sait maintenant
que la 2e DB et les Alliés sont aux portes de la ville.
« Tenez bon. Nous arrivons », est le message que
Leclerc adresse aux FFI qui tiennent la Préfecture de Police le
24 août. Vers 19 heures, Leclerc est à la Croix-de-Berny et
désigne la compagnie de chars du capitaine Dronne
pour partir en avant-garde vers Paris. Il est exactement 21 heures 22
au cadran de la grande horloge quand la colonne s'arrête place de
l'Hôtel de Ville, où se trouvent réunis les Etats-majors du Conseil
national de la Résistance et du Comité parisien de Libération. Dronne
est accueilli par Georges Bidault,
Joseph Laniel, Georges Marrane, Daniel Meyer et bien d'autres encore.
Minute infiniment émouvante que cette rencontre des combattants
de la France Libre et des résistants parisiens. Les cloches des
églises peuvent alors sonner à toute volée pour annoncer l'entrée
des alliés dans la ville.
Le lendemain, le général Leclerc,
accompagné du Délégué militaire national, Jacques
Chaban-Delmas, fait son entrée dans la capitale où bientôt un
détachement de la 2e DB prend d'assaut l'Hôtel Meurice,
siège du commandement militaire allemand. Von Choltitz se rend et,
conduit à la Préfecture de Police, signe, avec Leclerc et Rol-Tanguy,
la convention de reddition des troupes allemandes. Dans l'après-midi,
de Gaulle, accompagné d'un modeste cortège, entre à son tour dans
Paris, au milieu d'une foule déchaînée d'enthousiasme, et se rend
au P.C. de Leclerc à Montparnasse où il prend connaissance de l'acte
de capitulation.

La descente des Champs-Elysées, 26 août 1944
En cette soirée du 25 août, après
avoir retrouvé les bureaux du Ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique,
choisis comme siège de la Présidence du Gouvernement, et avoir inspecté
la police parisienne, le général de Gaulle se rend, sous des acclamations
indescriptibles, à l'Hôtel de Ville, où l'attendent le Comité parisien
de la Libération et le Conseil national de la Résistance. Là, il rend
hommage, dans une allocution empreinte d'une grande émotion, à la
capitale de la France :
« Paris outragé ! Paris
brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré, libéré par
lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de
la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière,
de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France,
de la France éternelle. »
Alors qu'au même moment les derniers
points tenus par l'ennemi tombent, la bataille de Paris est terminée.
Les forces parisiennes déplorent plus de 1 500 tués (dont 582 civils)
et 3 500 blessés mais 3 200 Allemands ont été tués et 12 800 se sont rendus
aux forces françaises de l'intérieur et aux soldats de la 2e
DB. Le monde libre peut célébrer cette libération, annonciatrice
de l'écroulement, désormais inéluctable, de l'Allemagne nazie.
Le lendemain, 26 août, le chef du
Gouvernement provisoire, entouré des membres du CNR, du CPL, des
généraux Juin, Koenig, Valin
et Leclerc, de l'amiral Thierry
d'Argenlieu, de Jacques Chaban-Delmas et des préfets Flouret
et Luizet, descend les Champs-Élysées
dans une incroyable ferveur populaire.
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Remise de la Croix de la Libération à la ville de Paris |
Place de la concorde, le Général monte
dans une voiture jusqu'à l'Hôtel de Ville, puis parvient sur le
parvis de Notre-Dame, où éclate une fusillade, créant une panique
générale sur la place. A l'entrée dans la cathédrale, de nouveaux
coups de feu éclatent, cette fois-ci à l'intérieur, qui font se
coucher l'assistance, pendant que le général de Gaulle prend tranquillement
place dans la croix du transept, avant que s'élève le Magnificat.
Abrégeant la cérémonie, celui-ci regagne ensuite le siège de la
Présidence du Gouvernement, rue Saint-Dominique.
Le 24 mars 1945, Paris est fait Compagnon
de la Libération.
« A la Libération de Paris,
en vérité, rien n'a manqué de ce qu'il fallait qu'elle fut pour
être digne de la France » déclare le général de Gaulle,
le 2 avril 1945, en remettant à la ville de Paris la Croix de la
Libération.
Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1945
Croix de Guerre 14-18 avec palme
Pour en savoir plus :
Bibliographie
indicative
Dernière mise à jour : le 5 juillet 2010
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