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L'admission dans l'Ordre

Critères d'admission

L'article 1er de l'ordonnance de novembre 1940 précise que « cet Ordre est destiné à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'oeuvre de la libération de la France et de son Empire. »

Aucun critère d'âge, de sexe, de grade, d'origine, et même de nationalité, n'est exigé. C'est la valeur qui compte et la qualité exceptionnelle des services rendus, qui ne sont pas exclusivement des services combattants.

L'Ordre devient réalité, avec les premiers Compagnons nommés. Dès le 29 janvier 1941, ils sont cinq formant le premier Conseil de l'Ordre : le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu, le gouverneur général Félix Eboué, le lieutenant Emmanuel d'Harcourt, l'officier de marine marchande Edmond Popieul, et l'adjudant Henry Bouquillard des Forces aériennes françaises libres.

Un moine, un Guyanais, un noble, un officier de marine, un sous-officier, tous sont représentatifs de ces combattants rassemblés par le général de Gaulle sans distinction de classe et d'origine, pour libérer la France.

Une note manuscrite du Général de Gaulle pour le Conseil de l'Ordre datée du 3 décembre 1945 atteste du caractère exceptionnel de l'attribution de la Croix de la Libération. Ainsi le général écrit : « on me propose des candidats qui, bien que très dignes et vaillants combattants, ne répondent pas aux conditions tout à fait exceptionnelles qui justifient l'accession dans l'Ordre

C'est pourquoi seules 1036 personnes, 5 communes et 18 unités combattantes se sont vu attribuer cette prestigieuse décoration entre janvier 1941 et janvier 1946.


Ribbesford, Ecole des Cadets de la France Libre, 27 mai 1943. Le général de Gaulle remert la Croix de la Libération à
Pierre Brossolette, Maurice Duclos, André Dewavrin-Passy, Pierre Fourcaud, Antoine Bissagnet et René Pleven

Membres de droit

Les seuls membres de droit de l'Ordre de la Libération sont les membres du Conseil de Défense de l'Empire, institué le 27 octobre 1940 à Brazzaville. Le Conseil de Défense de l'Empire, chargé d'assister dans sa tâche le Chef des Français Libres, est composé de l'amiral Muselier, des généraux Catroux et Larminat, du colonel Leclerc, des gouverneurs Eboué et Sautot, du médecin général Sicé, du professeur Cassin et du capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu.

Procédure de nomination


Mémoire de proposition pour l'attribution de la Croix de la Libération à Jean Moulin signé par le colonel Passy

Les nominations dans l'Ordre de la Libération jalonnent la grande épopée de la Résistance et de la France libre au cours de ces longues et dures années de guerre.

Elles interviennent par décret, soit par une décision directe du chef des Français libres, comme c'est le cas, bien entendu, pour les premières nominations, soit au moyen d'un mémoire de proposition qui, remontant du chef de corps (ou du chef de réseau) la voie hiérarchique, est ensuite soumis, à l'avis du Conseil de l'Ordre de la Libération, avant signature par le général de Gaulle.

Jusqu'à la fin de l'année 1944, les conditions d'attribution de la Croix de la Libération sont soumises à la conjoncture particulière de l'occupation et de la clandestinité.

Ainsi, la décoration est très souvent décernée sous pseudonyme ou identité de guerre. C'est le cas pour Jean Moulin, par exemple, qui est fait Compagnon de la Libération, le 17 octobre 1942, sous le nom de "Caporal Mercier".


Remise de la Croix de la Libération

La remise de la Croix se fait généralement au cours d'une prise d'armes. Les troupes présentent les armes et l'ordre d'ouvrir le ban est donné. Le général de Gaulle - ou le membre de l'Ordre désigné - interpelle le récipiendaire par son grade, son nom et lui remet l'insigne en prononçant les paroles suivantes : « Nous vous reconnaissons comme notre Compagnon pour la libération de la France dans l'honneur et par la Victoire ».


Le général de Gaulle remettant la Croix de la Libération au chef de bataillon Henri Amiel. A ses côtés, le chef de bataillon Guy Baucheron de Boissoudy (Beyrouth, 1942)

La forclusion

En quittant le pouvoir en janvier 1946, le général de Gaulle signe un décret qui met fin à l'attribution de la Croix de la Libération (décret du 23 janvier 1946). Le but de la libération étant atteint, l'Ordre est alors forclos.

Il ne sera réouvert par son Grand Maître qu'en deux occasions exceptionnelles, en 1958 pour Winston Churchill et en 1960 pour le Roi d'Angleterre George VI à titre posthume.

 

Dernière mise à jour : le 10 avril 2004
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