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Création de l'Ordre

En 1940, la principale raison de la
création d'une nouvelle distinction par le général de
Gaulle réside alors dans les circonstances particulières dans
lesquelles se situe l'action. Il s'agit en effet de récompenser
d'une manière tout à fait originale le dévouement de certains de
ceux qui - si peu nombreux au départ (ils ne sont guère plus de
2 500 le 14 juillet 1940) - ont accepté de tout risquer pour
participer à une aventure dont on ignorait en 1940 quel serait son
aboutissement.

Le général de Gaulle à la BBC
En octobre 1940, à Douala, au Cameroun,
le général de Gaulle, après avoir fait part au capitaine de vaisseau
Thierry d'Argenlieu de ses
intentions politiques pour organiser les territoires de l'Empire
ralliés, ajoute : « Notre entreprise est hérissée de difficultés.
Les Français seront lents à nous rallier... Je suis décidé à créer
un insigne nouveau face à l'imprévisible conjoncture. Il récompensera
ceux des nôtres qui se seront signalés dans cette haute et âpre
campagne, pour la libération de la France. »
Comme le Chef des Français libres
ne peut décerner la Légion d'Honneur, il faut donc
créer une décoration originale pour récompenser les
mérites exceptionnels manifestés dans une conjoncture elle-même
exceptionnelle.
cette décision du général de Gaulle se réalise
très rapidement : le 16 novembre 1940, il signe à Brazzaville,
capitale de la France Libre naissante, l'Ordonnance
n° 7, créant l'Ordre de la Libération.

Défilé des Forces françaises libres, le 14 juillet
1940 à Londres
La rapidité avec laquelle cet ordre
original est créé montre à quel point il est lié, dès le début,
à l'histoire de la France libre. Il prouve aussi l'importance que
le Général accordera à cet Ordre de chevalerie.
Les premiers projets proposent la
création d'un « Ordre de la Libération » dont les
membres devront s'appeler les « Croisés de la Libération ».
Cette appellation de « Croisés »
témoigne parfaitement de l'idée qui était à l'origine de l'Ordre
: celle d'une nouvelle Chevalerie, regroupant, comme au Moyen-age,
les serviteurs d'une cause et d'un idéal, presque religieux.
Mais, très vite, ce titre apparaît
emphatique et désuet. Le général de Gaulle fait alors appel au professeur
René Cassin, qui rédige les
textes définitifs avec ses collaborateurs. Ils finissent par s'accorder
sur le terme de « Compagnon », déjà utilisé à plusieurs
reprises dans l'histoire de France.
Ce mot de « Compagnon »
est agréé par le général de Gaulle et figure sur l'ordonnance définitive
de création de l'Ordre publiée au Journal Officiel de la France
Libre.
L'Ordre devient réalité, avec les
premiers Compagnons nommés. Dès le 29 janvier 1941, ils sont cinq,
formant le premier Conseil de l'Ordre :
le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu, le gouverneur général
Félix Eboué, le lieutenant
Emmanuel d'Harcourt, Edmond
Popieul, officier de marine marchande et Henry
Bouquillard, adjudant dans les Forces Aériennes Françaises Libres.
L'ordre de la Libération, tout en
gardant ses caractéristiques propres, a puisé parmi les autres ordres
certains traits et éléments de son organisation.
Il est ainsi, comparable aux Ordres
de chevalerie médiévaux : ses aspirations - la libération de la
France, la victoire sur le nazisme - font penser aux grands Ordres,
tels que ceux de Malte, du Saint-Sépulcre ou des Templiers, qui
étaient réunis dans un même esprit de la lutte contre les infidèles
et de défense des lieux saints.
Par les circonstances de sa création,
il se rapproche également, de l'Ordre de Saint-Michel, créé en 1469,
par Louis XI. Celui-ci, combattant le duc de Bourgogne, Charles
Le Téméraire, décida de créer cet Ordre, afin d'encourager ses vassaux
à rejoindre sa bannière.
Les spécialistes de la Chevalerie
ne manquèrent pas de souligner ces points communs, puisque le collier
du Grand Maître de l'Ordre de la Libération
s'inspire, dans sa réalisation artistique, du collier de l'Ordre
de Saint-Michel.
Dernière mise à jour : le 3 juin 2009
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