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Jean Moulin
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Jean Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers où son père était professeur d'histoire et conseiller général radical-socialiste de l'Hérault.
Bachelier en 1917, il s'inscrit à la faculté de droit de Montpellier et entre parallèlement comme attaché au cabinet du préfet de l'Hérault.
Jean Moulin est mobilisé en avril 1918 et envoyé dans les Vosges où le surprend l'armistice de novembre 1918.
Licencié en droit, il entre très tôt dans la carrière préfectorale : d'abord secrétaire général de Préfecture à Montpellier, il est en 1925 le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville en Savoie. Il est successivement sous-préfet de Châteaulin (1930-1933), de Thonon (1933) puis secrétaire général de la Somme (1934-1936). |

Jean Moulin |
Il a également appartenu à plusieurs cabinets ministériels et notamment celui de Pierre Cot, Ministre de l'Air dans le gouvernement du Front populaire d'où il s'engage dans l'aide clandestine à l'Espagne républicaine. Nommé préfet en mars 1937, il est, là encore, le plus jeune préfet de France et est nommé à Rodez en 1938 puis à Chartres l'année suivante.
Lorsque la guerre éclate, il veut rejoindre les troupes, mais il est maintenu en affectation spéciale à Chartres où il fait face à l'exode de la population. Le 17 juin 1940, il reçoit alors les premières unités allemandes ; les autorités d’occupation veulent lui faire signer une déclaration accusant des unités de tirailleurs africains d'avoir commis des atrocités envers des civils à Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes des bombardements allemands.
Maltraité et enfermé parce qu'il refuse de signer, il se tranche la gorge. Soigné in extremis par les
Allemands, il reste à son poste avant d'être, comme
préfet de gauche, révoqué par Vichy début
novembre ; il part pour la zone sud, s'installe dans la maison familiale
de Saint-Andiol (Bouches-du-Rhône) et prend contact avec les
principaux mouvements de résistance de zone sud.
En septembre 1941, il quitte la France
par ses propres moyens pour rejoindre l'Angleterre depuis le Portugal
après avoir traversé l'Espagne. A Londres, il est
reçu par le général de
Gaulle auquel il fait le compte-rendu de l'état de la
résistance en France et de ses besoins. Rapidement convaincu
de l'intelligence et des capacités de son interlocuteur,
le chef des Français libres renvoie Moulin en métropole
avec pour mission de rallier et d'unir les mouvements de résistance.
Il doit également créer une Armée secrète
en séparant le militaire du politique.
Avec des moyens financiers et de
transmission, Jean Moulin est parachuté sur les Alpilles
le 2 janvier 1942 à 3h30 du matin.
Il installe son Q.G. à Lyon.
Délégué général
du général de Gaulle, "Rex", alias Moulin,
commence à mener à bien sa tâche complexe et
délicate en zone sud. Il rencontre Henri
Frenay, Emmanuel d'Astier et Jean-Pierre
Lévy, respectivement responsables des trois principaux
mouvements de la zone sud Combat, Libération et
Franc-Tireur, leur apporte une aide financière, parvient,
non sans mal, à aplanir leurs différends. Son action
aboutit, en octobre 1942 à la création de l'Armée
secrète (AS), fusion des groupes paramilitaires de ces trois grands mouvements, dont le commandement est confié au général
Delestraint puis, au début de l'année
1943, à la création des Mouvements unis de Résistance
(MUR) rassemblant Combat, Libération et Franc-Tireur.
Grand amateur d'art et dessinateur
lui-même, l'ancien préfet Jean Moulin ouvre entretemps
une galerie d'art à Nice, la galerie Romanin (son
propre pseudonyme d'artiste), qui lui sert de couverture.
En février 1943, Jean Moulin
se rend à nouveau à Londres où il rend compte
de sa mission et est décoré par le général
de Gaulle de la Croix de la
Libération.
De retour en France le 20 mars par une opération Lysander, "Rex"
devenu "Max" est le seul représentant du général
de Gaulle pour la Résistance. Ses efforts dans toutes les
directions, malgré certaines réticences, aboutissent
bientôt à la constitution du Conseil national de la
Résistance (CNR) dont la première réunion se
tient sous sa présidence au 48 de la rue du Four à
Paris, le 27 mai 1943. Il s'agit d'un conseil réunissant
les responsables de mouvements de résistance des deux zones
mais aussi des responsables politiques et syndicaux. Important politiquement
car il symbolise aux yeux du monde - et surtout des Alliés
- l'unité française, le CNR adopte lors de sa première
réunion une motion reconnaissant le général
de Gaulle comme le seul chef politique de la France combattante.
Dans le but d'organiser rapidement
la relève à la tête de l'Armée secrète
qui vient d'être décapitée par l'arrestation
à Paris du général Delestraint, Moulin en convoque
les responsables pour le 21 juin 1943 à Caluire, dans la banlieue de Lyon, chez le Docteur
Dugoujon. Mais à la suite de dénonciations, la police de sécurité allemande (SIPO-SD) menée par Klaus Barbie intervient : tous sont arrêtés
et emmenés à la prison du Fort Montluc.
Interrogé par Barbie qui l'identifie après deux ou trois jours,
Jean Moulin ne dit rien. Il est transféré début juillet avenue Foch à
Paris puis dans une villa de Neuilly, où la Gestapo avait
coutume "d'interroger" des personnalités importantes
; sans que l'on sâche réellement si c'est à cause des tortures subies ou parce qu'il a tenté de se suicider, son état de santé est désespéré. C'est vraisemblablement pour tenter de le soigner et de le conserver comme otage qu'il est transféré en Allemagne.
C'est dans le train, quelque part
entre Metz et Francfort, alors qu'il n'a déjà plus
figure humaine, qu'il meurt le 8 juillet 1943.
Ses cendres, jusqu'alors déposées
au Père Lachaise, ont été transférées
au Panthéon le 19 décembre 1964.
Chevalier de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 17 octobre
1942
Médaille Militaire
Croix de Guerre 1939-45
Chevalier du Mérite Agricole
Médaille Commémorative de la Grande Guerre
Médaille de l'Education Physique avec rosette
Médaille d'Honneur
(argent)
des Assurances sociales (Ministère
du Travail)
Médaille de la Prévoyance Sociale
Médaille
d'Honneur (argent) de l’Assistance publique (Ministère de la Santé
Publique)
Chevalier de la Couronne d'Italie (1926)
Commandeur de la Couronne de Yougoslavie
Ordre de Jade (Chine, 1938)
Publication :
Premier Combat, Paris
1947
Dernière mise à jour : le 24 avril 2012
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