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Honoré d'Estienne d'Orves
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Issu d'une longue lignée
de nobles provençaux, Honoré d'Estienne d'Orves
est né le 5 juin 1901 à Verrières le
Buisson (Essonne). Son père, directeur de Société,
meurt en 1926.
Après de bonnes études
à Saint-Louis de Gonzague et à Louis-le-Grand,
il choisit de préparer le concours d'entrée
à l'Ecole Polytechnique qu'il réussit en 1921.
Sorti de Polytechnique en 1923, il intègre l'Ecole
navale.
Enseigne de vaisseau de 2e classe
en octobre 1923, il embarque comme élève sur
la Jeanne d'Arc. Il est ensuite affecté au cuirassé
Provence puis à différents bâtiments
de la Royale.
Promu lieutenant de vaisseau
en 1930 et chevalier de la Légion d'Honneur en 1935,
il entre à l'Ecole de Guerre navale pour un an en décembre
1936. |

Honoré d'Estienne d'Orves |
Au moment où la guerre est déclarée en 1939, Honoré d'Estienne d'Orves sert à bord du Jaguar où il remplit les fonctions de sous-chef d'Etat-major de la 2e Flottille de torpilleurs en Méditerranée. En décembre 1939, il est officier d'ordonnance à bord du Duquesne, dans la Force "X" , de l'Amiral Godfroy.
L'armistice de juin 1940 le surprend à Alexandrie.
Ne pouvant se faire à l'idée
que sa patrie vaincue accepte la défaite, il constitue un
groupe de marins et d'officiers, parmi lesquelles Roger Barberot et André Patou, déterminés comme lui
à continuer la lutte, prend le nom de "Chateauvieux"
(du nom de l'une de ses aïeules) et entre en contact avec les
autorités de la France libre.
Il quitte Aden avec son groupe et
après un interminable voyage de deux mois autour de l'Afrique,
rejoint le général de
Gaulle à Londres le 27 septembre 1940.
Sur place, il rencontre l'amiral Muselier
mais ne trouve pas d'emploi convenant à l'activité
dont il déborde. Promu capitaine de corvette le 1er octobre
1940, le poste de chef du 2e Bureau de l'état-major des Forces
navales françaises libres (FNFL) lui est offert ; il l'accepte et remplace le commandant Passy à la tête du SR de la France Libre en attendant mieux ; mais il ne tarde pas à solliciter la faveur de passer en France pour y organiser un réseau de renseignements.
Ayant convaincu le général
de Gaulle, d'abord réticent, de monter une liaison avec la
France et de développer et coordonner le réseau embryonnaire
qui a pour nom de code Nemrod et qui a vu le jour à l'initiative
de Jan Doornik et Maurice Barlierdès
septembre 1940, il est affecté dans ce but à l'Amirauté
britannique à partir du 15 décembre 1940.
Il embarque, à Newlyn, le 21
décembre 1940, sous le pseudonyme de "Jean-Pierre Girard",
avec un radio télégraphiste, Georges Marty, sur un
bateau de pêche, la Marie-Louise, à destination
de Plogoff. Installé chez les Clément, à Chantenay-sur-Loire
près de Nantes, parfaitement
aidé dans ses déplacements par Maurice Barlier, il
rayonne à travers toute la Bretagne et ne tarde pas à
mettre sur pied l'organisation précise du réseau.
Il transmet en outre des renseignements capitaux sur les défenses
côtières allemandes, les sous-marins, les aérodromes
et les dépôts d'essence de la région nantaise.
Du 6 au 19 janvier, il se rend à
Paris pour organiser un second réseau. Il rencontre Jan Doornik
et de nombreuses personnalités. De retour à Nantes,
le 20 janvier, il se réinstalle chez les Clément.
Ceux-ci ont mis leur maison à son entière disposition,
et lui font part de leur inquiétude au sujet du comportement
suspect de Marty. Honoré d'Estienne d'Orves décide
alors de renvoyer son radio à l'occasion du prochain voyage
à Londres. Mais il est déjà trop tard. Le 22,
les Allemands envahissent la demeure. Après avoir résisté,
d'Estienne d'Orves, le visage en sang, est menotté et conduit
avec ses compagnons à Angers.
La trahison de Marty permet également
aux Allemands d'arrêter Barlier, Doornik et l'ensemble du
réseau, au total 26 personnes. Le 24 janvier, les inculpés
sont dirigés sur Berlin puis brusquement ramenés à
Paris, à la prison du Cherche-Midi. D'Estienne d'Orves, mis
au cachot, est soumis à un régime particulièrement
rigoureux. Son moral ne s'en ressent pas. Il trouve même le
moyen de galvaniser l'énergie de ses compagnons.
Le procès commence le 13 mai.
Prenant sur lui toute la responsabilité, il défend
ses co-inculpés. Le 23, la Cour martiale rend son jugement.
Le capitaine de frégate d'Estienne d'Orves et huit de ses
camarades sont condamnés à mort et transférés
à Fresnes.
Le conseiller juridique allemand Keyser
prend sur lui d'aller à Berlin demander la grâce des
condamnés. Vaine démarche. Le 28 août au soir
arrive l'ordre de passer par les armes, dès le lendemain,
les trois principaux responsables : d'Estienne d'Orves, Barlier
et Doornik, les six autres bénéficiant de remises
de peines.
L'exécution a lieu le lendemain,
29 août à l'aube, au Mont
Valérien. Honoré d'Estienne d'Orves a été
inhumé à Verrières le Buisson.
Chevalier de la Légion
d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 30 octobre
1944
Officier du Ouissam Alaouite
Officier de l'ordre "Pour la couronne" de Roumanie
Officier du Mérite Militaire Bulgare
Chevalier de l'Epi d'Or de Chine
Dernière mise à jour : le 10 juillet 2008
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