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Jean Demozay
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Jean Demozay est né
le 21 mars 1915 à Nantes. Son père était
gérant de propriétés en Sologne.
Il fréquente l'école
de Beaugency dans le Loiret où s'est installée
sa famille, puis le collège Saint Joseph du Locquidy
à Nantes avant de poursuivre ses études en Angleterre.
Au décès de son
père en 1932, Jean Demozay devient soutien de famille
et devant abandonner sa scolarité, quitte le Saint
John's College à Southsea, pour reprendre les affaires
paternelles et s'installer avec sa famille à Paris.
Appelé sous les drapeaux
en 1936 il est affecté au 19ème Train des Equipages
à Paris mais il est rapidement réformé
pour inaptitude physique. Il trouve ensuite une place d'agent
commercial dans une société nantaise.
Au moment de la déclaration
de guerre, Jean Demozay parvient à passer de nouveau
devant une commission de réforme et réussit,
cette fois, à se faire incorporer.
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Jean Demozay
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Affecté au 19ème Train des Equipages à Paris, il obtient, grâce à sa connaissance de la langue anglaise, d'être envoyé comme interprète auprès de la Royal Air Force. Il est attaché à l'Advanced Air Striking Force basée à Reims. En janvier 1940 il est muté au Bataillon de l'Air 117, structure administrative du Grand Quartier Général de l'Armée de l'Air.
Il est ensuite détaché au Squadron n° 1, où il en profite pour observer
attentivement la technique des pilotes britanniques qui le laissent
de temps en temps s'entraîner sur leur petit avion de liaison.
Lors de la retraite de juin 1940,
le Squadron n° 1 regagne l'Angleterre et Jean Demozay
se retrouve replié à Nantes. Voulant à tout
prix poursuivre la lutte, il décide, avec seize techniciens
de la RAF devant, à l'origine, rejoindre la Rochelle
pour y embarquer, de s'envoler à destination de la Grande-Bretagne.
Clandestinement, le 17 juin 1940, à bord d'un appareil de
transport de la RAF remis en état, le petit groupe
décolle de la base aérienne de Château-Bougon.
Jean Demozay est aux commandes et, alors qu'il n'a jamais piloté
de bimoteur, parvient à se poser à Sutton Bridge faisant
la démonstration de ses dons de pilote hors du commun.
Jean Demozay rallie les Forces Françaises
Libres le 24 juin 1940 et est affecté à la base de
Saint Athan où sont regroupés les aviateurs Français
libres. Se déclarant, dans un pieux mensonge, titulaire d'un
brevet de vol civil, il réussit à être affecté
à la RAF et est admis en stage à l'Operationnal
Training Unit (OTU) n° 5 à Aston-Down.
A l'issue de trois mois à l'OTU,
le 16 octobre 1940, l'aspirant Demozay est affecté, comme
pilote cette-fois, à son ancienne unité, le Squadron
n° 1. Il vole alors sur Hurricane et prend part à
la bataille d'Angleterre.
Promu sous-lieutenant, le 8 novembre,
il obtient sa première victoire en abattant un Ju 88.
Nommé chef de section (flying
officer), il abat, le 24 mars 1941, un Bf 109 et reçoit
quelques jours plus tard son deuxième galon de lieutenant.
Dans la nuit du 10 au 11 mai, il remporte
sa troisième victoire en combat aérien bientôt
suivie d'une autre le 25 mai ; trois jours plus tard il devient
commandant du B Flight du Squadron n° 1.
A la mi-juin 1941, il est transféré
pour un cours séjour au Squadron 242, dans la banlieue
nord de Londres. Le 22 et le 23 juin 1941, il remporte ses cinquième
et sixième victoires aériennes. Par décret
du 30 juin, il est fait Compagnon de la Libération par le
général de Gaulle.
Affecté au Squadron 91
le 29 juin 1941, Jean Demozay est nommé commandant de la
1ère Escadrille (Flight A) de l'unité. C'est
la première fois qu'un officier français est placé
à la tête d'une escadrille britannique. Il obtient
trois nouvelles victoires aériennes pendant le seul mois
de juillet 1941 et est promu capitaine le mois suivant
Début août il inscrit
un nouveau Bf 109 à son tableau de chasse et signe
le 29 août sa 11ème victoire aux dépens d'un
autre Bf 109.
En septembre, il abat deux nouveaux
Bf 109 en vol et détruit un appareil au sol ; il est
décoré de la DFC le mois suivant après
un nouveau duel aérien remporté sur un Bf 109.
En novembre il remporte sa 15ème victoire aérienne
sur un autre Bf 109 et en endommage plusieurs au sol.
En janvier 1942 Jean Demozay détruit
en vol un nouveau Bf 109, terminant avec éclat son
premier tour d'opérations. Il est ensuite affecté
pour cinq mois à l'Etat-major du 11ème Groupe qui
commande la chasse dans le sud-est de l'Angleterre, pour y donner
des cours de tactique. En mai 1942, le commandant Jean Demozay est
nommé membre du Conseil
de l'Ordre de la Libération.
Début juillet, Jean Demozay
est le premier pilote français à se voir attribuer
une "bar" sur sa DFC ; quelques jours plus
tard, il prend le commandement du Squadron 91, spécialisé
dans les vols à longue distance au-dessus des côtes
continentales. Entre septembre et novembre 1942, il obtient trois
nouvelles victoires sur des FW 190.
En janvier 1943, Jean Demozay est
nommé Wing Commander (lieutenant-colonel) de la RAF
mais il doit quitter à regret le théâtre d'opérations.
Il est en effet chargé par le général de Gaulle
de représenter les Forces Aériennes Françaises
Libres (FAFL) au sein de la mission du général Catroux,
qui a pour but de préparer la fusion des Forces Françaises
Libres avec l'Armée d'Afrique du Nord. C'est au même
moment que, pour éviter des représailles contre sa
famille restée en France, Jean Demozay prendra le nom de
"Morlaix" lorsqu'il sera interviewé par Maurice
Schumannà la Radio de Londres.
En quittant son commandement en janvier
1943, le commandant "Morlaix" a effectué plus de
400 missions de guerre et il est titulaire de 19 victoires aériennes
homologuées et de 2 probables. Il est en outre responsable
de la destruction, partielle ou totale, de nombreux bateaux et avions
au sol ; palmarès qui fait de lui le troisième as
français de la 2e guerre mondiale.
Promu lieutenant-colonel en juin 1943,
il est affecté au commandement des Forces Aériennes
Françaises du Moyen-Orient. Chargé d'instruire les
pilotes français, il fait construire un avion école
à Rayack au printemps 1944.
En avril 1944, il est nommé
au cabinet militaire du Commissaire de l'Air à Alger. A ce
poste, le colonel Demozay crée, en Algérie, dans des
conditions matérielles difficiles, le Groupe Aérien
de Coopération "Patrie" destiné à
soutenir les FFI du sud-ouest en France. Le groupement, parti d'Alger,
parvient près de Toulouse le 26 août 1944 et participe
activement aux opérations de libération, harcelant
les troupes allemandes en remplissant plus de 200 missions offensives
et détruisant 300 véhicules.
Le mois suivant, le colonel Demozay
est affecté au cabinet militaire du Ministre de l'Air, Charles
Tilllon, à Paris avant d'être appelé comme adjoint
au général commandant les Ecoles de l'Air en octobre
1945.
Le colonel Jean Demozay, est décédé
le 19 décembre 1945 dans un accident aérien survenu
près du terrain de Buc dans les Yvelines, au retour d'une
mission à Londres. Il a été inhumé à
Beaugency dans le Loiret.
Commandeur de la Légion
d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 30 juin
1941
Croix de Guerre 39/45 (13 palmes)
Distinguished Flying Cross avec "bar" (GB)
Distinguished Service Order (GB)
Distinguished Flying Cross (USA)
Croix de Guerre Belge
Croix de Guerre Tchécoslovaque
Dernière mise à jour : le 12 janvier
2004
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