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Charles Delestraint
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Charles Delestraint est né
le 12 mars 1879 à Biache Saint-Vaast (Pas-de-Calais).
Son père était comptable dans les fonderies.
Il fait ses études secondaires
chez les Maristes à Haubourdin les Lille jusqu'en 1896,
où il obtient brillamment le Baccalauréat.
Il
entre ensuite à l'Ecole spéciale militaire de
Saint-Cyr en 1897 et en sort parmi les premiers, trois ans
plus tard.
Le 1er octobre 1900, il est
nommé sous-lieutenant au 16e Bataillon de
chasseurs à pied, où il reste pendant treize
ans.
Capitaine en décembre 1913, il est reçu
à l'Ecole supérieure de Guerre le 18 mars 1914. |

Charles Delestraint
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Le 25 août 1914, chargé d'une mission spéciale sur la Meuse à hauteur de Haybes (Belgique), il bouscule un important détachement ennemi, retarde la progression allemande et permet ainsi la liaison des 4e et 5e Armées françaises ; il est alors fait Chevalier de la Légion d'Honneur, reçoit la Croix de Guerre avec palme et la Croix de Guerre belge.
Le 30 août, il tombe dans une embuscade allemande lors de l'attaque de Chesnoy-Auboncourt ; il est fait prisonnier et détenu au camp de Plassemburg jusqu'en 1918.
Rapatrié en décembre
1918, il est ensuite affecté à l'Etat-major du G.Q.G.,
Section du Personnel et nommé chef de bataillon en juin 1919.
Dépendant du 104e RI puis de l'Etat-major de l'Armée,
il est affecté à l'Ecole supérieure de Guerre
où il avait été reçu en 1914.
Le 3 octobre 1923, ayant demandé
à servir dans les chars, il est affecté au 517e Régiment de chars de combat (517e RCC) à
Düren, en zone d'occupation.
En avril 1927, il est nommé
commandant en second de l'Ecole d'Application des chars de Versailles
sous la direction du général Frère. Il est
promu lieutenant-colonel en décembre 1927.
En 1932, il prend le commandement
du 505e RCC à Vannes et est promu colonel.
En 1936, il commande la 3e
Brigade de chars à Metz et, le 23 décembre de la même
année, reçoit ses étoiles de général
de brigade ; il a alors comme subordonné le colonel de
Gaulle qui commande le 505e RCC. Ils luttent tous deux
pour une utilisation différente et plus importante des blindés.
Atteint par la limite d'âge
en mars 1939, il est rappelé le 1er septembre et reçoit
le commandement des chars de combat de la 7e Armée.
En avril 1940, il est nommé adjoint à l'inspection
des chars, puis on lui confie, dans une situation désespérée,
le 2 juin 1940, le commandement du Groupement cuirassé qui
ne comprend plus que deux divisions. Malgré la médiocrité
de son équipement, il parvient à couvrir le repli
de deux armées, sauvant ainsi des centaines d'unités
de toutes armes, après avoir réduit la poche d'Abbeville.
Dès l'armistice, il n'accepte
pas la défaite, et décide de regrouper les "Anciens
des Chars". A partir de 1941, il accentue son activité
de résistant ce qui lui vaut un rappel à l'ordre de
Vichy le 27 février 1942.
A l'été 1942, sur l'avis
d'Henri Frenay, Jean Moulin
propose le nom de Delestraint au général de Gaulle
pour organiser, d'abord en zone sud, l'Armée secrète (AS)
qui doit voir fusionner les groupes paramilitaires des mouvements
de Résistance Combat, Libération et
Franc-Tireur. Le 4 août 1942 parvient de Londres à
Jean Moulin le message confirmant ce choix : "Charles à
Charles, d'accord".
Le 11 novembre 1942, après
avoir rencontré Jean Moulin, il est confirmé dans
sa mission par une lettre manuscrite du général de
Gaulle. Chef de l'Armée secrète, il prend pour pseudonyme
"Vidal".
Dès lors, il collabore étroitement
avec Jean Moulin pour organiser la Résistance au plus haut
niveau en rencontrant les principaux responsables des mouvements.
C'est ainsi qu'ils sont tous deux convoqués par le général
de Gaulle à Londres le 13 février 1943. Charles Delestraint
est alors chargé d'étendre la structure de l'Armée
secrète en zone nord.
Vidal rentre en France le 20 mars
1943 en compagnie de "Max" (Jean Moulin) et de Christian
Pineau. Il est promu général de corps d'armée
par le général de Gaulle. Il visite début avril,
le plateau du Vercors et les premiers maquis. Ensuite, à
Paris, il participe aux réunions visant à regrouper
les grands mouvements de zone nord.
Le 9 juin 1943, au Métro La
Muette, alors qu'il a rendez-vous avec René Hardy un des
responsables de Résistance-Fer, Vidal est arrêté
par la Gestapo, douze jours avant l'arrestation de Jean Moulin à
Caluire.
Il est interrogé à Neuilly
puis avenue Foch par la Gestapo. En juillet, il est incarcéré
à Fresnes. Après une instruction de neuf mois, il
est envoyé au camp de Natzwiller-Struthof, en Alsace, et
devient un déporté "Nacht und Nebel",
de la catégorie de ceux que l'on doit faire disparaître
dans "la nuit et le brouillard". Il y est tout de suite
considéré comme le chef, le conseiller porteur de
l'espoir que nombre de ses compagnons ont perdu.
Les alliés approchant, il est
transféré au début du mois de septembre 1944
à Dachau, près de Munich. Mais un ordre, probablement
signé Kaltenbrünner, le condamne à disparaître
avant l'arrivée des alliés. Le 19 avril 1945, dix
jours seulement avant l'arrivée des Américains, il
est lâchement abattu d'une balle dans la nuque avant d'être
incinéré au crématoire du camp.
Le 10 novembre 1989, en hommage de
la Nation, le nom de Charles Delestraint était officiellement
gravé en lettres de bronze au Panthéon à Paris.
Commandeur de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre
1945
Croix de Guerre 14-18 avec palme
Croix de Guerre 39-45
Croix de Guerre Belge
Dernière mise à jour : le 14 décembre
2001
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